Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Nouvelle: Yvette, la bleuse

 

 

              Ce milieu, elle l’avait tant rêvé. Les sept hivernages qu’elle avait passés au lycée de Fatick pour ses cycles d’études moyennes et secondaires, avaient pris l’allure de décennies de durs labeurs. Elle se posait toujours cette question :

« Quand est ce que je savourerai aux délices de la vie édénique de l’université ».

              Pierre et Madjiguène qui étaient les seuls étudiants de son Diakhao natal, représentaient des héros pour elle et pour tout le village. Ces derniers étaient des sources de motivation pour elle. Elle faisait toujours partie des meilleurs élèves du lycée mais elle n’était jamais satisfaite de ses résultats. Elle se disait toujours qu’elle pouvait faire plus. Et vraiment, elle a toujours visé le sommet. Elève moyenne au collège, elle était subitement  devenue excellente au lycée. Ces changements rapides avaient fini par étonner plus d’un. Elle n’avait presque plus d’amis dans sa classe. Les élèves disaient d’elle qu’elle marchandait avec les professeurs les notes contre son corps tellement qu’elle était aussi appréciée par ses enseignants. Mais tout ceci n’était que de fausses histoires. Elle l’a prouvé quand, au baccalauréat, elle était le seul élève à avoir réussi au premier tour et avec la mention Bien.

              Son père était si autoritaire que même le chat de la maison n’osait s’approchait de lui. Pourtant, Pa Gilbert fut même préfet du département de Fatick. On s’étonnait toujours comment un intellectuel pouvait avoir un tel comportement vis-à-vis de sa famille. Mais moi qui suis de la même promotion à l’ENA que lui, savais qu’il était un frustré social. En fait, il était un excellent étudiant. A l’âge de trente ans, il avait déjà obtenu son doctorat d’Etat en sociologie à l’université de Sorbonne avec la mention très honorable avec félicitations du jury. On lui avait proposé un poste de professeur dans cette prestigieuse institution mais il avait décidé de retourner se mettre au service de son pays. Aussitôt revenu au bercail, il avait déposé ses dossiers à la seule université que comptait le pays. Sa demande avait mis quatre ans dans les tiroirs du recteur avant qu’il ne fût recruté comme assistant- associé au département de sociologie. Il faisait la fierté de tous les étudiants de ce département à travers ses cours ; et tous savaient qu’il était le plus diplômé de tous les professeurs de l’université. Cependant, il avait commis la faute de ne pas avoir été de la même mouvance politique que le Président. Ce désaccord avec celui qu’on nommait  dans les années 19.. le père de la nation lui avait créé beaucoup d’obstacles pour son avancement. Pendant quinze ans passés au service de l’université, il était toujours resté assistant associé. Le pire allait arriver lorsqu’en  196. il était accusé d’avoir mené la grande grève estudiantine qui avait failli faire quitter le père de la nation du pouvoir. Il avait était condamné à vingt ans de prison. Il avait finalement pu bénéficier d’une grâce présidentielle en 197. non sans avoir mis quinze ans derrière les barreaux. Il ne pouvait plus reprendre son poste à l’université et c’est comme cela qu’il a fait l’ENA. Malgré le fait qu’il était le major du cycle A, il était le seul de sa promotion à ne pas avoir été nommé gouverneur  de région avant d’aller en retraite. Beaucoup même parmi eux, avaient occupé d’importants postes ministériels dans le gouvernement.

              Yvette n’osait jamais regarder son père en face. Les paroles de ce dernier étaient des ordres et non des recommandations. Si Yvette sortait de la maison c’était pour aller à l’école et après les cours elle s’empressait de regagner la maison. Soirées dansantes, sorties, concerts…étaient parmi ses innombrables inconnus de la vie moderne. Elle portait toujours des habits traditionnels et les rares occasions qu’on l’autorisait à assister, c’était les ngel. Cette vie de prisonnière aussi a fait qu’Yvette travaillait toujours plus dur pour devenir libre. Venir à l’université était devenue une hantise pour elle. C’est pour cette raison que lorsqu’elle avait obtenu le bac, ces vacances avaient pris l’allure d’être beaucoup plus longues que d’habitude. Les mois étaient devenus des années pour elle. Yvette était vraiment très impatiente de devenir comme Madjiguène. Un jour, elle avait même pu profiter de l’absence de son méchant père qui était allé à Niakhar pour présenter des condoléances  pour aller se rendre inopinément chez Pierre.

-Nafiyo Yvette. Ça fait bientôt quatre ans qu’on ne sait pas vu.

-Effectivement Pierre, c’était lors du ngel qu’on avait organisé ici pour des blancs qui étaient venus ici en jumelage depuis 199. qu’on s’était vu pour la dernière fois.

-J’ai entendu que tu as obtenu le bac avec la mention bien. J’avais peur de Pa Gilbert. C’est pourquoi je ne suis pas venu te féliciter.

-Merci Pierre. Tu dois être maintenant en thèse, je pense.

-Non, je suis encore en licence. En fait, j’ai fait la sociologie pendant quatre années mais la discipline ne me plaisait pas beaucoup. Ensuite, j’ai fait trois années en sciences économiques. Là il y avait un professeur qui ne m’aimait pas. Beuf ! Je me suis finalement retrouvé en droit.

              Cet accablant cursus de Pierre n’avait point découragé la nouvelle bachelière. Elle ne comprenait même pas que son héros était un mauvais étudiant. Elle ne comprenait pas non plus que ce dernier ne fût étudiant que de nom. Pierre n’apprenait même plus. Il avait acheté un ordinateur et d’autres matériels de sonorisation. Il était connu à l’université plus comme DJ qu’étudiant. Après avoir eu longuement écouté ce DJ-étudiant, Yvette avait décidé d’arrêter de tourner autour du pot et de poser les questions qui la préoccupaient le plus.

-Et les listes d’orientation, qu’en sais-tu ?

-Yvette, mais tu as l’air patiente hein. Beuf ! Vous serez orienter vers la fin de ce mois. Et puisque tu as le bac avec la mention, tu ne seras pas dans notre pétaudière d’université. Tu seras dans la même université que Madjiguène.

              La nouvelle bachelière voulait encore posait d’autres questions. Mais soudainement, elle s’était rappelée que son père ne devait pas durer à Niakhar. C’est comme cela qu’elle avait repris d’une manière pressée  le chemin de la maison. De loin, elle apercevait un homme assis seul dans la cour. Et son cœur bâtait  si vite qu’elle avait même l’impression d’avoir eu un arrêt cardiaque. Elle priait pour que cet homme ne soit pas son père. Mais, au fur et à mesure qu’elle s’approchait de la maison sa vision se précisait davantage et il savait maintenant que c’était son père qui était de retour. Heureusement pour elle, cette fois-ci, elle avait échappé aux coups de fouets de Pa Gilbert. Pour la première fois, depuis qu’elle avait commencé à retenir ses souvenirs, elle avait vu le Pa sourire tel qu’elle en fût étonnée. Dans son fort intérieur, elle se demandait si son père n’était pas devenu fou. Malgré tout, elle avait l’obligation de saluer.

-Nafiyo papa.

-Bonjour ma fille. Je suis très content de toi. Fais ta valise. Demain matin, tu iras t’inscrire. Tu es orientée à l’université de Sanar.

              Pa Gilbert était si réservé qu’il ne parlait même pas beaucoup. Il n’ouvrait la bouche que pour dire l’essentiel et avec de courtes phrases. Après sa brève intervention, Yvette s’était contentée juste de dire « Oui Papa ».

              Le lendemain, la nouvelle bachelière avait débarqué à Sanar. Et comme d’habitude, ce jour là aussi elle avait porté un pagne et une camisole. Malgré son jeune âge, son corps était très sec et elle donnait l’air d’une paysanne de quarante ans. Elle ne ressemblait pas du tout à Madjiguène, l’étudiante de Diakhao, ni même aux autres étudiantes. Elle traînait avec elle une valise et deux sacs en plastique et allait de tous les sens dans le campus. Bien qu’elle voulût masquer que le milieu était l’un de ses grands inconnus, elle ignorait en même temps qu’ici -  malgré le nombre pléthorique d’étudiants, trente milles – tout le monde se connaît. Et tout le monde savait qu’elle devait être une bleuse. Azou aussi l’avait aperçu et s’était arrangé pour venir à son secours. Azou était en sa sixième année dans le campus mais il était en licence de sociologie. Chaque année, il faisait tout pour être à l’université pendant le début des inscriptions des nouveaux bacheliers. Ses amis l’avaient surnommé Joe, du nom d’un grand conservateur d’un parc national, tellement qu’il voulait guider. On l’appelait aussi Azou, le vacataire tellement qu’il voulait expliquer et enseigner. Il connaissait la vie sociale et pédagogique de l’université jusqu’aux moindres détails. Mais Azou dit Joe ne guidait pas n’importe quel étudiant. Les garçons n’étaient jamais concernés par les bonnes œuvres de ce dernier. Il n’aidait vraiment que les filles. Yvette aussi avait pu profiter des services de ce guide hors du commun.

-Bonjour ma sœur. Mais t’as l’air fatiguée. Tu viens d’où ?

-Bonjour grand. Je viens de Diakhao, dans le sine.

-Tu t’appelles comment ?

-Je m’appelle Yvette Bâ.

-Bâ pullo.

-En fait, je ne suis pas une peule. Je suis bien une sérère.

-Non, une esclave ne mérite pas de porter le nom de Bâ. Mon nom c’est Azou Diallo. Je suis ton maître.

-J’accepte. Mais, c’est toi maître qui seras aujourd’hui à mon service. Je suis orientée en première année de sociologie et je cherche une étudiante sérère qui pourra m’héberger le temps que je trouve ma propre chambre.

              Depuis qu’Azou avait su qu’Yvette était orientée en première année de sociologie, son cœur avait commencé à battre de joie. Il se disait que c’était une véritable occasion à exploiter pour avoir enfin une copine. Mais d’un air désintéressé et sous le regard insoupçonné et innocent de la nouvelle étudiante, il continuait à l’aider. Diallo connaissait presque tous les étudiants de l’université et même leurs localités d’origine. Il savait que dans le campus, il y avait une étudiante du nom de Madjigène et qui venait de Diakhao. Tout d’un coup, il s’était retourné vers Yvette.

-Tu connais Madjigène Faye. Elle est en quatrième année de droit. Elle est originaire de Diakhao.

-Ah, quel hasard! C’est elle que je voulais voir.

-Je la connais très bien. Je l’avais aidée à s’inscrire lorsqu’elle était en première année. Elle est logée au 30G9B.

              Sur le chemin qui mène au village B, chez Madjiguène, Azou expliquait à Yvette tout ce qu’ils traversaient comme infrastructure sans même que cette dernière l’eût demandé. Mais, comme tout bleu et toute bleuse elle ne savait rien de ce milieu. Elle tenait tout de même à masquer son ignorance et Azou comme un perroquet parlait qu’on eût l’impression qu’il ne respirait même pas. Arrivés au niveau du village Z, les deux compagnons croisèrent hasardeusement Madjiguène qui allait au resto. Les deux cohabitantes de Diakhao se saluèrent longuement  en sérère et Diallo, à l’image d’un soldat qui avait atteint tous les objectifs d’une mission, se retira fièrement. Il se disait qu’il avait mis ses pièges et qu’il ne serait pas bredouille cette fois- ci. Yvette était devenue l’aînée de ses préoccupations. Il s’était même transmis transmué en agent secret pour étudier en douce l’enfant de Diakhao jusque dans les plus moindres détails. Il savait qu’elle était major de sa promotion au bac et qu’elle était la tête de liste des orientés en première année de sociologie. Il savait aussi qu’elle était la benjamine de sa classe à l’université. Il savait aussi etc. Et tout cela, il l’avait mis au profit pour conquérir le cœur de la bleuse. En véritable chasseur, Azou savait bien roder pour ne pas effrayer les animaux. Cette technique, il l’avait merveilleusement appliqué chez Yvette. En effet, de temps en temps, il allait rendre visite à la nouvelle. Cette dernière aussi en faisait autant à l’égard de son ance jusqu’au jour où ce dernier, dans l’intimité de sa chambre, a voulu palper ses magnifiques et irrésistibles seins. Tout d’un air timide et grave, elle osa arrêter son ance dans sa tentative en repoussant sa main.  Et professionnel qu’était Azou, il fit comme rien n’était passé. Il racontait encore de tout.

              Cette vie de bizutage, Yvette ne l’avait vécu réellement que pendant une courte période. Période pendant laquelle, à chaque moment elle battait le record des gaffes des bleus à l’Université. Elle était à la risée de ses ances. Au resto, à la salle télé, aux UFR, on se moquait toujours d’elle en la faisant faire beaucoup de sortes d’insanités. Ce fut le comble lorsqu’un jour Madjiguène et ses amies lui avaient demandé d’aller à l’intérieur de la salle de cuisine du restaurant universitaire n°1 pour réclamer son thé. Elle avait vraiment marre des parodies de sa tutrice et sa bande. Mais, elle  s’était vite intégrée et sa transformation était tellement rapide que ceux qui l’avaient aperçus lorsqu’elle venait de débarquer à l’université, arrivaient à peine à la reconnaître. Comme tous les étudiants qui ont fait cette université, elle aussi était formatée.  Seulement, son formatage était si expéditif et si négatif que partout dans le campus on parlait d’elle. Bars, dancings, hôtels…, Yvette connaissaient tous les lieux mondains de la ville. Elles fréquentaient même plus ces milieux que la section de sociologie. Tout cela n’avait pas plu à Madjiguène. Mais elle tenait au nom de la solidarité sérère à héberger sa parente qui était devenue tristement célèbre. Elle essayer souvent de ramener sa bleuse dans les rails.

-Méhé men, Yvette.

-Hé, tu es une étudiante et tu es en maîtrise ! Tu me parles en français ou tu te tais.

              A ces mots de la bleuse, Madjiguène avait failli  s’exploser de colère. Elle s’était tue longuement en comparant cette Yvette qu’elle avait connue à Diakhao et l’actuelle Yvette. Meurtrie dans son for intérieur, elle décida d’un air triste de reprendre la conversation.

-Est-ce que tu sais que tu as beaucoup changé.

-Heureusement pour moi, répondit Yvette.

-Malheureusement plutôt. Toi, je ne te vois plus dans les activités du Cercles des Etudiants Sérères. Tu as de nouvelles fréquentations. Tu ne vas même plus à l’UFR. Rappelles-toi de tes parents et saches qu’il n’attende de toi que la réussite académique.

              Madjiguène voulut continuer ses conseils, mais elle savait que sa protégée ne l’écoutait pas. En effet, la très turbulente bleuse  avait placé un CD de musique RNB dans son baladeur. Malgré le casque qu’elle avait mis, on pouvait entendre les sons à plus de dix mètres de distance. Pire, elle marchait de gauche et à droite pour ne pas écouter sa tutrice.

              Yvette était soudainement  devenue une star dans le campus. Beaucoup d’étudiants, surtout parmi les anciens, cherchaient à trouver des tremplins pour pouvoir l’aborder. Mais Azou en avait puisque c’est lui qui avait aidé la nouvelle star à supporter ses bagages, quand elle venait de débarquer à l’université, et de retrouver la chambre de Madjiguène. C’était lui qui l’avait guidée dans ses inscriptions. Et c’était lui encore qui lui offrait souvent des tickets de restauration. Il l’aidait aussi beaucoup dans ses dossiers de recherches et dans la préparation des contrôles continus. Mauvais étudiant en sociologie, Azou avait quand même retenu des écrits de Marcel Mauss que le don n’est jamais gratuit. Le donneur s’attend toujours à un contre don. Cette idée, il en avait fait sa philosophie. Et voilà maintenant qu’il décida de poser ses pions.  

- Kong ! Kong !

- C’est qui ?

- Moi Azou.

- Entrez, mon ance.

- Seulement….

- Seulement quoi ? Et regarde moi bien dans les yeux.

- Je…suis…là aujourd’hui pour tout autre chose, Yvette.

- Mais, qu’est ce que tu trembles comme ça ? Et tu sues comme pas possible, ance.

- Pour être bref, Yvette, je t’…..aime.

- Azou, tu ne m’as pas déçu. Tu as tenté de me violer dans ta chambre. Depuis le début, je savais que tes services n’étaient pas désintéressés. Je vous connais beaucoup, vous les anciens. Mais, je ne fais pas partie de ces bleuses qui vont être prises par vos cordes de chasse. J’ai entendu cette chasse aux bleuses avant de venir ici. Pour être quand même courtoise avec toi, je te dis merci pour tout ce que tu as fait pour moi. Surtout, pour ce qui t’a amené ici, n’insiste pas. Je ne t’aime pas. J’ai un copain et je veux vivre en paix avec lui.

              Ces mots avaient fini par plonger Azou dans un embarras total. Il suait comme quelqu’un qui était dans les manœuvres  du premier jour de service militaire. Il ne savait même pas ce qu’il fallait faire pour sortir de la pièce. Néanmoins, la bleuse décida de lui exalter le moral en lui servant un gobelet de coca et en passant par la parenté entre les Peuls et les Sérères pour égayer un peu son maître. On dirait  qu’Yvette s’était désolée d’être dure avec son ancien et, de surcroît, son cousin à plaisanterie. Elle se rappelait de son père qui, quoique le plus sévère de toutes les personnes à travers le monde, n’osait jamais dire ou faire du mal à un Peul ou un Diola. Et comme pour se racheter et aider Azou à sortir de l’embarras,  il lui proposa de l’accompagner au secrétariat de la section de sociologie pour prendre sa copie du devoir d’anthropologie. Sans effarement, elle avait eu trois comme note. Nonobstant faible observation, elle ne se plaignait pas. On dirait même qu’elle était contente. Avec fierté, elle osa montrer la copie à son ancien d’amoureux tout en lui avouant que c’était l’une de ses meilleures notes.  Elle remercia grandement  Azou et décida de lui faire une agréable surprise. Ce que Diallo conjectura de comprendre lorsqu’au lieu de retourner chez elle, Yvette  lui offrit la proposition de venir passer la soirée dans sa chambre. « Ah ! Si seulement ce à quoi je médite pouvait se réaliser aujourd’hui, ce serait mon plus beau jour. », ainsi pensait le soi-disant ance d’Yvette. En tout cas, ce jour là Azou eut ce qu’elle n’avait jamais eu auparavant. Sans qu’il n’en prît l’initiative, son désir s’était réalisé. Il se croyait même dans un film ou une rêverie. Mais, il avait véritablement parvenu à coucher avec la nouvelle star du campus.

              Quelques temps après, Madjiguène constata que sa protégée n’allait pas bien. Elle soupçonna cette dernière d’être enceinte.

- Yvette, on dirait que tu ne vas pas bien.

Contrairement à la dernière fois, Yvette décida de coopérer.

- Oui, ça fait deux mois que je n’ai pas vu mes menstruations.

- Allons-y au service médical, proposa Madjiguène.

              Les matrones la consultèrent lui informèrent qu’elle était enceinte. Pour qu’elle ne veuille tenter d’avorter ou de ne pas respecter les visites, l’une des femme invita Madjiguène dans la salle pour lui avertir que sa protégée avait une grossesse de deux mois. Yvette avait vraiment peur. Elle pensait au châtiment de Pa Gilbert lorsque ce dernier apprendrait cela. Madjiguène aussi avait pitié d’elle et connaissait parfaitement de quel bois chauffait son père. Mais, elle décida de passer par sa mère pour mettre les parents d’Yvette de l’épisode qu’a connue leur fille. C’est comme cela que la bleuse avait fini son cursus académique sans diplôme et avec une grossesse.

 

 

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus